Duckwrth explore ses contrastes avec All American F⭐ckBoy
[INTERVIEW] Depuis ses débuts, Duckwrth avance comme un funambule entre rap, punk, R&B alternatif, rock et pulsations électroniques. Toujours en mouvement, toujours en friction. Avec All American F⭐ckBoy, il signe son projet le plus introspectif, un disque qui navigue entre colère douce, désirs crus et une quête de soi qui griffe autant qu’elle illumine. A quelques jours de son live parisien à la Belleviloise, on l’a questionné. Dans cet échange sans filtre, l’artiste californien revient sur son évolution, ses obsessions, et les collaborations qui ont façonné ce nouvel opus.
Originaire de South Central Los Angeles, Duckwrth (Jared Lee) s’est imposé comme l’un des artistes les plus singuliers de sa génération. Révélé au large public avec SuperGood (2020), il a très vite brouillé les frontières entre les styles : une esthétique électrique, une énergie héritée du punk, une sensibilité soul et un goût prononcé pour les textures alternatives. Son troisième album, All American F⭐ckBoy, prolonge cette identité hybride : brut, coloré, émotionnel. Un projet où il convoque son adolescence, ses influences rock, et une introspection qui ne cache rien des zones sombres comme des élans proches de la libération. Entre collaborations solides (Blk Odyssy, Two Fresh) et la présence inattendue de Lakeith Stanfield en narrateur, Duckwrth signe un disque qui respire l’urgence et l’honnêteté.
Peux-tu te présenter à celles et ceux qui ne te connaissent pas encore ?
Bonjour. Je m’appelle Duckwrth. Je viens de South Central à Los Angeles.

Qu’est-ce qui tourne dans ta meilleure playlist ? Tes classiques ou brand new ?
The Way She Dances – NERD
Taboo – Les Baxter
Apocalypse Dreams – Tame Impala
Easy Lovers – Piero Piccioni
Ouais, ce serait le début d’une playlist intéressante…
Comment décrirais-tu la musique de Duckwrth ?
Électrique, émotive, colorée.
On t’a découvert avec SuperGood, et aujourd’hui on savoure ton troisième album. Quel parcours ! Comment résumerais-tu ces années de création ?
Ces dernières années ont été super enrichissantes d’un point de vue personnel et artistique. J’ai énormément grandi. J’ai beaucoup exploré mon intériorité pour découvrir où je pouvais m’améliorer, où je pouvais grandir. Et ça se ressent clairement dans ma musique.
Comment tu te sens depuis la sortie d’All American FuckBoy en avril dernier ?
Cet album a déclenché énormément de conversations. Certaines géniales, d’autres un peu inconfortables… mais je suis content qu’il ait provoqué crée ce dialogue-là. Et la façon dont l’album est reçu depuis sa sortie me rend heureux.
Quelles ont été tes inspirations pour ce projet ?
Mon Moi plus jeune m’a clairement inspiré. Tout le rock alternatif/punk que j’écoutais à l’époque a fait remonter le souvenir du kiffe que j’avais à le jouer très fort. Je voulais revenir à ce son qui provoque en moi ces émotions.
Parlons de ta collab avec Blk Odyssy (on l’adore autant que toi). Qu’est-ce qu’il a apporté à cet album ?
Clairement de la conviction! Blk Odyssy produit comme si c’était leur dernier jour sur terre. Ils mettent tellement d’émotion dans leur musique, et tu le sens dans les morceaux qu’on a créés ensemble. Ils amènent de la qualité, une vraie maîtrise technique, mais laissent aussi de la place à la spontanéité et le côté brut.
Et Two Fresh ?
Kendo et Sherwyn de Two Fresh, c’est la famille. Travailler avec eux, c’est comme bosser avec mes cousins. Et parce qu’il y a une vraie confiance, on se pousse mutuellement, sans ego. Ils penchent aussi très fort du côté alternatif, donc ils ont amené cette vibe-là à l’album.
C’est surprenant de découvrir Lakeith Stanfield, en narrateur qui ponctue les chapitres du projet. D’où vient cette idée ?

Je cherchais les personnes qui auraient la meilleure voix pour narrer l’album, et il restait tout en haut de ma liste. Je suis encore reconnaissant qu’il ait accepté de narrer AAFB.
La diversité des sons de l’album t’aide-t-elle à exprimer les différentes émotions que tu explores ?
Carrément. C’est très difficile de montrer l’étendue de mes émotions avec un seul genre. Donc j’ai choisi de naviguer entre plusieurs pour offrir une large palette de ressentis.
L’album est très introspectif. Est-ce que tu as réussi à guérir les blessures émotionnelles qui bloquaient ta progression ?
Oui et non. Je guéris chaque jour. Ce que j’ai compris, c’est que quand je crois être arrivé à bout des couches sombres, je découvre qu’il reste encore vingt étages. Alors je me prépare, je continue à descendre et explorer jusqu’à trouver la vraie racine de mes problèmes. J’essaie d’être bienveillant avec moi-même dans ce processus et de comprendre que la guérison n’arrive jamais du jour au lendemain.
Qu’est-ce que tu veux que les gens retiennent d’All American FuckBoy ?
Et… une tournée européenne ? Un passage à Paris ?
Je serai en tournée en Europe et à Paris le 4 décembre !!! J’ai trop hâte de revenir et de m’enjailler avec mes fans. Et ce que je veux que tu retiennes de l’album, c’est que rien dans la vie qui en vaut vraiment la peine n’est exempt de douleur. Embrasse la douleur qui vient du travail — surtout sur toi-même — et remercie-moi quand tu rencontreras ta meilleure version. Love you!







