Noname glisse des livres entre les barreaux
Derrière le flow unique de la rappeuse américaine Noname se cache un grand cœur. Doublé d’un sens exceptionnel de la communauté. En parallèle de ses trois albums largement encensés par la critique, elle ouvre des librairies à destination des communautés noires. Mais elle envoie aussi des livres incontournables à des prisonniers, et le tout gratuitement.
Si tu lis ces lignes, peu de chances que tu sois passé.e à côté de Sundial, dernier album de Noname. A la délicatesse inversement proportionnelle à sa pochette légèrement WTF… La poète et slameuse américaine connaît une belle ascension depuis 2016. Sa première mixtape Telefone mettait déjà tout le monde d’accord. Au lendemain de la sortie de Room 25, son second bébé, elle entamait une pause musicale pour lancer le Noname Book Club à Chicago, sa ville natale. Depuis 2019, 15 clubs similaires ont vu le jour à travers les États-Unis. Ils mettent gratuitement à disposition des ressources culturelles pour les communautés noires. Chaque mois, le club met en avant un livre écrit par un auteur de couleur, indigène ou LGBT+. Cela génère aussi des débats, projections et autres échanges aussi enrichissants qu’utiles.


Entre quatre murs, la lecture pour entrevoir la réinsertion
En 2021, celle qui est reconnue par beaucoup comme l’une des rappeuses les plus talentueuses de sa génération ajoutait une nouvelle dimension à son projet. Elle lançait le concept de « book-to- prison ». Elle envoyait alors des livres gratuitement à des centaines de compatriotes incarcérés (plus de 36 000 envoyés à ce jour). En proposant des cours, des films, ou des collectes de livres pour les familles et proches de détenus, la Radical Hood Library connecte le monde extérieur aux établissements pénitentiaires. Avec la littérature politique et révolutionnaire comme lien privilégié.
Ses revenus en tant qu’artiste aidaient jusqu’à maintenant à développer le concept. Mais cet ambitieux projet était pourtant à deux doigts de s’éteindre en ce mois de janvier 2025. C’était sans compter sur le rebond des communautés et supporters, qui ont entendu l’appel. Tous ont provoqué un sursaut des contributions financières en ligne, permettant au Noname’s Book Club de démarrer le Black History Month de la meilleure des manières: en restant ouvert! Objectif atteint. La force de la solidarité communautaire…

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