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Solaire et spectral, Bilal éblouit son public parisien


Le 29 mai dernier, Bilal, l’un des précurseurs de la new soul et ancien membre des Soulquarians se produisait sur la scène du New Morning. Et sa 4ème apparition dans cette salle à guichet restera pour beaucoup gravée dans les mémoires. Focus sur cette date à guichet fermé. On t’explique pourquoi c’était mythique. Photos signées 311mph.

Bilal au New Morning
Bilal au New Morning le 29 mai ©311mph

Tout le monde se souvient de l’album majeur 1st Born Second, et de l’unreleased Love For Sale, entre autres. 10 ans qu’un projet solo de Bilal se faisait attendre. Et avec les années, le musicien se bonifie! C’est sans doute lié à son amour de la scène, immuable, qui l’amène à se balader principalement entre les États-Unis et l’Europe. Il revient d’ailleurs tout juste d’un périple entre la Lituanie, l’Angleterre et les Pays-Bas. Et pour sa halte parisienne, Bilal nous a proposé Adjust Brightness (septembre 2024), son dernier album toujours aussi surprenant. Comme lui! Le projet s’inspire d’un long séjour au Maroc et de son autre passion artistique : la peinture. Toujours en avance sur son temps, ce projet ne fait pas exception. Il y mêle soul, funk, jazz et musiques électroniques. Tout ça, avec une cohérence redoutable…Et sur scène, c’est d’autant plus évident.

Bilal ramène la vibe des studios Electric Lady au New Morning

Sur cette scène teintée de rouge, qui pour le coup, n’est pas sans rappeler l’atmosphère les studios Electric Lady, Bilal dévoile l’ampleur de sa magie. Le band qui l’accompagne est composé de Tone Whitfield à la basse, Randy Runyon à la guitare et Joe Blaxx à la batterie. Leur symbiose est palpable. Ils sont sans aucun doute fait pour jouer ensemble. Bilal sait s’effacer pour laisser à ses musiciens cet espace propice à dévoiler l’étendue de leur talent. 

Les 500 places contenues dans le New Morning ont rapidement trouvé preneurs. La salle est full, sold out. On aurait pu s’attendre à voir un public majoritairement composé de 30-quarantenaires. Et pourtant, comme c’est souvent le cas dans cette salle à la programmation exigeante, toutes les générations sont représentées. Je partage l’excitation du public qui trépigne d’impatience à l’idée de retrouver Bilal. On veut nous aussi notre Live at Glasshaus et notre perf’ à la Tiny Desk.

Bilal ou l’art de transcender les genres

Bilal et son band alternent entre délicatesse extrême – notamment sur les morceaux jazzy – et laid-back percutant sur le mythique Soul Sista. Pour les titres qui le nécessitent, l’intensité grimpe sur fond de rock psychédélique et même de hard rock. Bilal tout craché! En parlant de Soul Sista! Sur ce track que tout le monde attendait, le band reste fidèle à la version enregistrée en 2001. Trop de souvenirs associés à ce titre… On le veut intacte, comme à l’époque, chanter les harmonies et les back vocals sans surprise. Bilal quant à lui, se permet quelques écarts. En même temps, ça fait 24 ans qu’il interprète ce titre. Il en chante à faire dérailler sa voix de la plus belle des manièresIl appuie sa voix, offrant aux nostalgiques des déjà-vus chez Prince. Et qui va s’en plaindre!

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©311mph

Avec “Reminisce”, Bilal n’oublie pas son hommage vibrant à J Dilla, qui a produit cette masterpiece. Il ne manquait finalement plus que Common et Mos Def pour un eargasm collectif. La réaction enjouée du public est à la hauteur de la douleur ressentie, quand le producteur de génie laisse notre génération de mélomanes orphelins en 2006. Le public, parlons-en justement. Tous semblent subjugués par la capacité du groupe à se balader avec une si grande aisance entre les genres. Les solos ardents du guitariste et sa magnifique JazzMaster se conjuguent parfaitement avec le jeu subtil du combo basse/batterie.

Une « Soul Sista » dans la capitale?

Juste avant de jouer “The Story”, écrite par son grand ami musicien et autre génie, Robert Glasper, Bilal nous offre propose une interlude. Quel doux moment que d’évoquer l’amour et ses déceptions, et le juste rappel de toujours garder intact l’espoir et de retenir les leçons apprises de nos expériences si douloureuses soient-elles. Que dire de plus, c’était parfait!

Bilal à l’impressionnante habileté de nous faire participer. Et c’est ce que nous, public, sommes venus chercher. Parmi les quelques voix qui ont timidement pris le micro, Elodie n’est pas prête d’oublier cette complicité partagée avec la tête d’affiche de ce fameux soir. On retiendra sa magnifique voix et son énergie, qui n’ont échappé à personne. Et surtout pas à Bilal, ce caméléon interstellaire.

Bilal fait monter Elodie sur la scène du New Morning

Il n’en fallait pas plus pour terminer le concert de la meilleure des manières. Les sourires et regards de l’auditoire révèlent clairement un live riche en émotions. Et l’engouement manifesté lors du traditionnel rappel atteste mon ressenti. Un live orchestré par un band  aussi complice et talentueux… Un artiste qui nous offre sans retenue ses pleines capacités… Le tout dans une atmosphère aussi nostalgique que cosmique? C’est  suffisamment rare pour être apprécié à leur juste valeur. Zéro faute. Allez, on termine avec plus de photos souvenir, immortalisées par Guillaume aka 311mph!


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