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Pip Millett, la mélodie de sa sensibilité à fleur de peau #interview


Lorsque Pip Millett apparait sur la scène du Montreux jazz Festival le 5 juillet dernier, un ange prend possession de l’espace. Elle assure la première de Sam Smith et performe donc devant un public venu la découvrir, mais aussi, avouons-le, venu sécuriser sa place pour le concert d’après…

Il n’aura pas fallu 8 minutes pour que la magie opère. Lorsque la native de Manchester Pip Millett interprète “Make Me Cry”, une vague d’émotivité submerge la salle… Pas de tristesse, mais une délicieuse mélancolie dictée par ses expériences de perte et de deuil qui parlent à beaucoup. Le reste de sa performance est à l’image de sa musique: d’une redoutable sensibilité et des vocalises enrouées, riches et douces pour les oreilles. L’auteure-compositrice-interprète qui écrit dans un esprit soul-rnb, poursuit avec “Heavenly Mother” et “Try A Little Tenderness”. A l’issue de son show, les sceptiques pouvaient désormais compter Pip Millett parmi l’excellence soul britannique.

Pip Millett interview
Pip Millett à l’auditorium Stravinski ©FFJM 2023 Marc Ducrest

Un an après Montreux, Pip Millett répond à notre appel

Fidèle à sa discographie, la chanteuse prend son temps. Pas de précipitation ni de course au succès, Pip Millett compte un album et 6 EPs à son actif, depuis ses débuts officiels en 2018 avec le single “Heavenly Mother”. Ce qui est, somme toute, suffisant pour attester de l’étendu de son talent, testé et approuvé à deux reprises chez Colors.

Durant notre présence au Montreux Jazz Festival, nous n’avons pas eu l’opportunité de soumettre nos questions à Pip. Mais en amont de la sortie de son nouvel EP Tell Jimmy I’m Fine, il y a quelques semaines, l’occasion s’est présentée. Je te laisse donc découvrir le fruit de nos échanges. Interview!

⏯︎ On a assisté à ton live au Montreux Jazz Festival l’année dernière. C’était ta première fois à l’Auditorium Stravinski. C’était comment?

Ah, c’était vraiment génial! J’ai adoré! Et je me suis sentie très privilégiée, chanceuse de me produire dans un lieu si emblématique.

⏯︎ Comment l’aventure scénique a t-elle commencé pour toi?
Tout a commencé lorsque j’ai déménagé à Londres. J’avais 18 ans et mon manager, qui n’était pas encore mon manager à l’époque, m’a proposé des petites sessions de travail. J’ai écrit “Make Me Cry” cet hiver-là, dans mon appartement étudiant. Et puis, on s’est décidé à porter le morceau en studio avec le soutien du producteur et bassiste Lester Salmins.

⏯︎ Quels sont tes trois artistes de tous les temps ?
Question difficile ! J’adore les timbres de voix graves et les tonalités chargées d’émotions, donc je dirais Otis Redding, Donny Hathaway et Lauryn Hill. J’aime le fait que leurs voix dégagent autant d’émotions. Vraiment!

⏯︎ Si tu pouvais t’entretenir avec un artiste vivant ou disparu, qui serait-il/elle ?
Je pense que ce serait James Blake. Sa connaissance de la musique au sens académique est si grande et c’est quelque chose que je connais si peu… J’imagine que j’apprendrais beaucoup d’un artiste aussi talentueux que lui.

⏯︎ On dirait que les studios Colors sont ta deuxième maison maintenant. Qu’est-ce que cette expérience a changé dans ta vie?
J’ai adoré! L’expérience m’a permis de me faire connaitre davantage et de gagner en audience. Et je suis extrêmement reconnaissante de cela. Performer pour Colors, c’était aussi me confronter à la critique et c’était la première fois que je lisais des choses désagréables à mon sujet sur la toile. Ça m’a aussi poussé à devenir plus résiliente.

⏯︎ Parlons un peu de ton dernier projet. Qui est Jimmy?
Jimmy est un jeune homme avec qui je suis restée en couple pendant un petit moment. Il était gentil et intelligent, travaillait dur et avait de très beaux yeux. Mais il a couché avec quelqu’un d’autre et ce passage de ma vie a été vraiment douloureux.
Ce qui a été peut-être encore plus douloureux, c’est ce sentiment d’avoir été laissée pour compte et de me retrouver seule à nettoyer tout mon désordre émotionnel, pendant qu’il profitait de sa nouvelle relation. C’était une période horrible. Depuis, les choses se sont arrangées et je suis passée à autre chose. A ma grande surprise, il s’est confondu en excuses. D’ailleurs, personne ne m’a jamais autant présenté d’excuses. Je lui souhaite le meilleur!

⏯︎ Quel est le message derrière la cover de Tell Jimmy I’m Fine ?
La cover de l’EP représente ma vulnérabilité. Le visuel fait le focus sur mes côtes. Je suis nue, en sueur et sale. Et le titre de l’EP est gravé sur ma peau comme une scarification. La sueur et la saleté sont le résultat du travail intérieur acharné qu’il m’a fallu pour guérir émotionnellement de cette histoire.

⏯︎ La conception de tes deux derniers EPs est intéressante. Le récit de Tell Jimmy, suivi de Tell Jimmy I’m fine résonnent comme un album finalement?
Si tu les écoutes l’un après l’autre, l’histoire se déroule comme un album. Mais je ne voulais pas subir la pression autour de ce format. Ce sont donc deux EPs et je pense que c’est plus facile pour l’auditeur de les digérer de cette façon. C’est aussi une histoire en deux parties. Et je le sentais bien de les aborder comme ça.

⏯︎ “Husband”, le single lead de cet EP, est plus groovy que d’habitude, comme un hommage au R&B des années 90. Comment définirais-tu Tell Jimmy I’m Fine?
C’est un mix. Il y a des clins d’œil au hip-hop, à la pop et au R&B. Mais je vous laisser le découvrir et j’espère vraiment que vous allez aimé Tell Jimmy I’m fine.

Ne rate pas une miette de la 2ème partie du tiny m@g sur le Montreux Jazz Festival. Inscris-toi pour recevoir ce hors-série. Tu ne le regretteras pas! 😉


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