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Kiledjian: « Les moments de pause font gagner du temps ».


Kiledjian, producteur et compositeur originaire de Lyon, sortait en janvier dernier, son premier album à l’ADN jazz : The Otium Mixtape. L’opus défend le concept d’oisiveté dans un monde qui va trop vite. Une invitation à prendre son temps, qui nous a donné envie d’en savoir plus sur l’artiste aux multiples influences, et sur son processus créatif. INTERVIEW!

Le silence et la solitude ne sont pas faciles à conquérir mais plus on s’en empare, plus on en a besoin. Comme d’une respiration au milieu de l’activité du quotidien.

David Kiledjian
Kiledjian producteur jazz Lyon temps pause
©JP Gimenez

Tout d’abord, s’il-te-plait, on veut tout savoir sur ton exploit d’avoir collaborer avec Talib Kweli !

Alors on a fait le morceau Love Life ensemble. Il figure sur l’album de 2012 de mon groupe Fowatile. A l’époque, on a profité de sa venue à Lyon pour lui proposer le morceau. On a été ravis qu’il l’aime et prenne le temps de venir au studio avant son concert !

D’où te vient cet attrait pour les musiques africaines et caribéennes ?

À Lyon, on a une bonne communauté musicale des pays d’Afrique de l’Ouest en général. Plusieurs artistes, comme Peter Solo de Vaudou Game (Togo) par exemple, ont été des rencontres musicales importantes pour moi. Je suis aussi allé jouer et produire des disques au Mali, au Tchad, en Côte d’Ivoire, et au Burkina. En ce qui concerne la musique caribéenne, j’ai joué dans un groupe mélangeant jazz et Gwo Ka guadeloupéen pendant une dizaine d’années, avant de créer Dowdelin.

Avec Dowdelin, vous nous régaler en termes de fusion des sonorités. Y aura-t-il d’autres projet de groupe ? Ou tu priorises désormais ton évolution en solo ?

Je suis en ce moment même sur la production du 3ème album de Dowdelin. Il devrait voir le jour en janvier prochain.

Avec The Otium mixtape, il n’est pas possible d’accoler l’étiquette jazz. Je suis persuadée que tu n’aimes pas les étiquettes. Mais dans le pire des mondes, quelle serait celle qui te collerait parfaitement à la peau ?

Effectivement, j’ai toujours eu du mal avec les chapelles, vu mon éclectisme. Mais malgré le chemin parcouru depuis mes premiers amours avec le jazz, le terme reste le dénominateur commun à beaucoup de mes propositions. Il fait le lien entre musiques traditionnelles et musique “savante”, entre les continents et les époques. Et il a engendré les styles plus contemporains.

Tu veux bien partager une part de ton processus créatif sur The Otium Mixtape ?

J’ai surtout ouvert grand les vannes créatives pendant les 15 jours. J’ai composé toutes les ébauches du projet, après une période de pause complète. Trois semaines à lire, manger, marcher et dormir !

Ensuite, j’y suis revenu en dilettante dès je repensais à ces morceaux et que j’avais envie d’y consacrer du temps. J’en ai profité pour provoquer la rencontre avec les quatre chanteurs invités, car c’était la première fois que nous collaborions. Ce n’est qu’assez récemment que ces morceaux sont passés du statut de hobby à celui de potentiel disque à sortir.

En parlant de process créatif, tu t’arrêtes vraiment en plein enregistrement pour aller cuisiner un truc et boire du vin ?

Oui! Pour moi la musique fait partie de la vie. Donc, oui j’aime alterner le temps de studio et une session écoute en épluchant les légumes, ou boire un verre entre deux prises…

Ce vagabondage de l’esprit que tu défends dans ce projet est-il devenu un lifestyle ?

Pas autant que je le souhaiterais. Car il n’est pas toujours facile de se réserver des moments de vraie pause pour soi. En revanche, je valorise beaucoup plus qu’avant ce temps volé sur la course de la vie. J’ai pu goûter sa saveur et les fruits qu’il mûrit en moi. Paradoxalement, j’ai découvert que les moments de pause font gagner du temps !

Que recommanderais-tu à un créatif qui n’arrive pas à s’adonner à l’oisiveté ?

Le silence et la solitude ne sont pas faciles à conquérir mais ça vaut vraiment le coup ! J’ai l’impression que plus on s’en empare, plus on en a besoin. C’est un peu comme d’une respiration au milieu de l’activité du quotidien.

Le titre qui t’a le plus chalengé versus celui que tu as plié en quelques heures ?

Le gros de la composition a été fait assez rapidement, sur deux semaines. Mais le premier et le plus immédiat a été le morceau d’ouverture “Father Sky”. Je l’ai composé et enregistré en quelques heures.

Le mot de la fin pour les « Listeners exigeants » de WeeKult. ?

Merci de me suivre sur ce disque assez libre et sans frontières. Restez ouverts !

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