Betty Davis : Funk scandaleuse et avant-gardisme féminin
En ce mois du Black History Month aux États-Unis, s’il y a bien deux figures de la black music dont on peut parler, ce sont les artistes Betty Davis et Syl Johnson. R.I.P… Leur explorations sonores étaient sans limite. Leur amour pour la musique cosmique, et leur audace créative dépassait parfois l’entendement de l’époque. Tous deux rejoignent le panthéon des musiciens d’exception qui font de la musique noire américaine – et au-delà – ce qu’elle est aujourd’hui. Qui était Betty Davis?


Reine de la funk ⭐️26 juillet 1944 – 9 février 2022 ⭐️
Énigmatique, sulfureuse, enchanteresse, l’ex-femme du trompettiste Miles Davis aura fait couler beaucoup d’encre. Dès le milieu des années 60, elle chantait le sexe débridé pour les plus puritains. Usant de tenues provocatrices, elle faisait fi de l’opinion publique. Betty Davis n’aura pas performé longtemps. Mais avec seulement 3 albums – Betty Davis (1973), They Say I’m Different (1974), et Nasty Gal (1975) – elle a offert à la musique funk et sa communauté, une belle revanche sur la définition d’origine de ce genre musical des années 60. Littéralement « puant », un terme adressé aux travailleurs noirs américains.
En véritable pionnière et exploratrice, Betty maitrisait la totalité de son processus créatif. L’écriture, la production et la performance scénique n’avaient aucun secret pour elle. C’est d’ailleurs avec elle que Miles a transité du jazz vers la funk.
« Madonna avant Madonna, Prince avant Prince »
Betty est boycottée par les radios. Elle est aussi critiquée virulemment par la National Association for the Advancement of Coloured People (NAACP – Association pour le progrès des gens de couleur). Davis a vu ses dates annulées les unes après les autres au nom du « politiquement correcte ». C’était trop […]







