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Onyx : les Mad Face Fredro Starr et Sticky Fingaz à Paris/ Sponso


Onyx Straight from South Jamaica, Queens! Ce jeudi 26 février, les légendes vivantes Fredro Starr et Sticky Fingaz débarquent à Paris pour enflammer le New Morning. Pour comprendre l’ampleur de l’onde de choc qui s’apprête à frapper cette salle mythique, remontons à la genèse du groupe, là où tout a commencé. Là où l’énergie pure a rencontré la rage… que tu t’apprêtes à expérimenter en live. Prépare-toi à un pogo géant!!!

« Slam ! Dut Dut Dut ! Dut Dut Dut ! Let The Boys, Be Boys ! Slam ! Dut Dut Dut ! Make Noise B-Boys ! »… Quand tu entends ce refrain, fort à parier que tes poils se hérissent. Que ton palpitant s’accélère au rythme de la basse saturée, et fasse trembler de tout ton être! Un réflexe assurément, une réaction primaire, presque animale face au rap brut du groupe le plus Grimey de la Planète ! Onyx, c’est le groupe mythique qui a redéfini à lui seul la notion même de « violence sonore ». Et posé les fondations d’un rap brut et hardcore dont l’héritage résonne encore partout aujourd’hui.

“Shiftee” : Onyx ou l’Art de la Survie

Fin des années 80, début des années 90. Ce sont les prémices de l’Âge d’Or du Hip-Hop. Au milieu du béton et de la crasse du South Side (South Jamaica, Queens), Fredro Starr et ses camarades de lycée, Big DS et Suave (aka Sonny Seeza), aspirent à fuir leur réalité pour devenir des poètes de rue. C’est au milieu de ce quartier gangrené par la violence et l’épidémie de crack — territoire de Kenneth « Supreme » McGriff et son légendaire gang The Supreme Team — que les membres du groupe font leurs premières armes. Ils freestylent alors dans les parcs du quartier avec d’autres futures légendes telles que Mr. Cheeks et Freaky Tah des Lost Boyz. C’est Big DS qui trouvera le nom du groupe, inspiré par la pierre précieuse noire : l’Onyx.

Alors qu’ils sont en quête d’identité, le miracle Jam Master Jay opère. En 1990, Onyx sort un premier single intitulé « Ah, And We Do It Like This ». Le son est léger, très influencé par la mouvance jazzy et le collectif Native Tongues de l’époque. Fredro Starr et ses acolytes ont encore des cheveux, des tenues colorées et tentent de rentrer dans le moule radiophonique. C’est un échec. Le groupe se cherche, sans savoir que leur véritable essence bouillonne déjà en eux, prête à exploser.

Le destin bascule au milieu d’un embouteillage new-yorkais. Les membres d’Onyx y croisent par hasard Jam Master Jay, le légendaire DJ de Run-DMC. Lui aussi est originaire de South Jamaica. Au culot, ils lui glissent une cassette. Fredro Starr, déjà stratège, tente un coup de poker et bluffe en affirmant que d’autres labels sont sur le coup. JMJ leur lance un défi et leur donne deux mois pour enregistrer une démo et faire leurs preuves!

Plus qu’un Exhausteur de Goût, Onyx est un « Game Changer »

Sous la tutelle de JMJ, l’alchimie d’Onyx subit une recomposition chimique majeure. Deux éléments vont définitivement sceller leur légende. D’abord, l’intégration de Sticky Fingaz. Cousin de Fredro Starr, il ne faisait initialement pas partie de l’équation. Venu pallier l’absence de Big DS et Sonny Seeza lors de l’enregistrement de la démo, Sticky vole la vedette et impose un changement de direction artistique. JMJ, décelant la complémentarité entre l’esprit brillant de Fredro et l’énergie bouillonnante de son cousin, insiste pour l’intégrer : « C’est ça ! C’est exactement ce qu’il faut. Si ce mec n’est pas dans le groupe, je ne vous signe pas. » Avec sa voix « cassée », son flow survolté et sa folie imprévisible, Sticky devient l’électron libre qui force tout le monde à hausser le ton.

Ensuite, le look « Bald Head / Mad Face ». L’esthétique de la terreur visuelle naît d’un coup de tête. N’aimant pas sa coupe de cheveux avant une session photo, Fredro Starr se rase entièrement le crâne. Les autres membres suivent pour créer une unité visuelle implacable. Finies les couleurs vives! Place aux treillis, aux vestes en cuir noir, aux Timberland et au regard noir. Onyx vient de créer son identité absolue : la philosophie de la « Mad Face ». Ils ne sont plus de simples rappeurs, ils sont devenus une milice musicale prête à en découdre.

1993, Bacdafucup brutalise le Hip-hop !

La musique grimy et gutturale d’Onyx est le son d’une émeute urbaine mise en musique. C’est une claque, une agression sonore calculée, qui crée une atmosphère oppressante et survoltée. Avec leur premier album Bacdafucup en 1993 (certifié platine), vient aussi la naissance du Mosh Pit. L’onde de choc est mondiale. Je t’explique. Le titre légendaire « Slam » redéfinit totalement la culture des concerts.

Avant Onyx, le public hochait la tête. Avec “Slam”, Onyx importe littéralement l’énergie du punk-rock dans le rap. La fosse devient une zone de combat, le mosh pit (ndlr: le pogo, quoi) fait son apparition. Leur collaboration mythique avec le groupe de métal Biohazard pour la version remixée du titre brise définitivement les barrières entre les genres. Après le succès explosif de Bacdafucup, le groupe perd le membre fondateur Big DS. 

1995, une plongée dans les ténèbres

Mais il prend aussi tout le monde à contre-pied avec All We Got Iz Us, en 1995. C’est une véritable plongée dans les ténèbres… Refusant de céder aux sirènes commerciales, Onyx livre un album d’une noirceur absolue. C’est un plongeon introspectif dans la dépression, la paranoïa et le nihilisme urbain. Souvent considéré par les puristes comme leur chef-d’œuvre, avec cet album, Onyx prouve qu’ils ne sont pas une caricature, mais le miroir fracturé d’une jeunesse afro-américaine délaissée.

Onyx rejette toute volonté d’éduquer la jeunesse ou de prêcher la paix. Ils injectent plutôt une énergie nihiliste et inédite dans le hip-hop. En fait, le duo préfère exprimer la frustration pure des quartiers défavorisés pour rendre le rap « sale » à nouveau. Cette violence sonore, couplée à une esthétique volontairement bruyante et « laide » est à contre-courant d’un paysage musical devenant trop pop ou intellectuel. Ce qui leur a permis de transcender les genres et de toucher un public de rockeurs et de métalleux! Un fait rarissime pour un groupe de rap aussi « street ».

Onyx, is Here (‘N’ Now) : Globe-trotters du Hardcore, Gardiens de la Flamme

Onyx n’a pas seulement survécu aux années 90 ; le groupe a sculpté l’ADN de la musique extrême pour les décennies à venir. Fait rare pour un groupe aussi viscéralement new-yorkais, Onyx était respecté jusqu’en Californie. Tupac Shakur admirait l’authenticité de leur rage. À New York, The Notorious B.I.G. regardait le groupe avec fascination à ses débuts. Même Eminem a cité Sticky Fingaz (et son couplet sur Shut ‘Em Down) comme une influence majeure, avouant avoir voulu atteindre ce niveau d’énergie. Onyx a aussi mis le pied à l’étrier à un tout jeune 50 Cent (sur le titre React en 1998) et qui a partagé le trône de l’agressivité avec DMX sur Shut ‘Em Down.

Loin de se reposer sur ses lauriers, le groupe a embrassé son statut d’icône internationale, multipliant les projets avec la crème de l’underground européen. Notamment avec les Allemands de Snowgoons ou les Hollandais de Dope D.O.D. Toutefois, la validation ultime reste leur collaboration exceptionnelle avec les français de L’Uzine. Avec ce projet commun, Onyx semble dire : “nous, on ne fait pas du tourisme”. Ils reconnaissent le « vrai » son et l’esprit Boom Bap, qu’il vienne de South Jamaica ou de l’Est parisien.

Aujourd’hui, si tu écoutes la scène Trap Metal ou le SoundCloud Rap agressif, tu entends l’héritage direct et la rage de Sticky Fingaz et Fredro Starr. Des artistes comme XXXTentacion, City Morgue ou Playboi Carti ont tous hérité de ce « blueprint ». Ainsi, l’idée que le rap peut se hurler (vocal shredding) et que l’objectif ultime d’un concert est d’ouvrir un mosh pit géant. Ils sont les architectes d’une rage qui ne se démode jamais et se modernise.

“Paris is Burning” : L’Expérience d’un pogo viscérale au New Morning

A plus de 50 ans, contrairement à beaucoup de leurs pairs devenus des caricatures nostalgiques, Fredro Starr et Sticky Fingaz ont toujours la dalle. Leurs projets récents attestent de leur lien intact avec la rue. Ils n’ont jamais ralenti le tempo. Raison pour laquelle leur passage à Paris est un événement immanquable. Onyx dans un grand festival, c’est puissant. Mais Onyx dans un club intimiste, bas de plafond et légendaire comme le New Morning, c’est l’équivalent d’une grenade dégoupillée dans un ascenseur.

Le contraste entre l’immensité de leur mythe et la proximité écrasante de cette salle va créer un effet « cocotte-minute » sans précédent. Le public parisien va sentir la sueur tomber du plafond, les basses faire vibrer la brique, et se retrouver à un mètre du regard incandescent de Sticky Fingaz. Ne t’y trompe pas. Tu ne vas pas assister à un récital de « vieux » rappeurs assis sur des tabourets. Tu vas participer à un rite initiatique, une séance de sport extrême!


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