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Wow!

Dianne Reeves: la virtuose vocale les 03 & 04 mars à Paris/ Sponso


Quand Dianne Reeves entre sur scène, tout change dans l’air. Le silence n’est plus un vide : il devient matière. Dianne Reeves, maitresse du jazz, sculpte l’espace et l’habite. Son passage au New Morning les 03 et 4 mars prochains s’annonce grandiose, évidemment. Deux sessions chaque soir, qui célèbrent aussi les 45 ans de cette salle mythique. Voilà de quoi gravé dans leurs murs un live de légende… A ne rater sous aucun prétexte !

Avoue, il y a des artistes que tu écoutes. Et puis il y a ceux que tu ressens physiquement. Comprends bien que tu ne vas pas assister à n’importe quel live! Ah Dianne Reeves… On ne peut faire l’impasse sur son parcours. Née à Detroit, berceau de la Motown, en 1956, la petite fille grandit à Denver dans une famille de musiciens. Dans son environnement, la musique est clairement langue maternelle. Son père chante, sa mère joue de la trompette, son oncle est contrebassiste. Et l’un de ses cousins n’est autre que George Duke. Très tôt, elle comprend que la voix peut dialoguer avec les instruments. A 16 ans, elle est remarquée par le trompettiste Clark Terry (Count Basie, Duke Ellington, Quincy Jones), qui devient un mentor décisif pour sa carrière.

En l’intégrant à ses ensembles, Terry lui apprend le phrasé et lui transmet une exigence musicale, notamment celle de penser sa voix comme un instrument. La jeune femme développe un sens profond de l’écoute collective. Écouter avant de répondre. Construire avant d’impressionner. Chez Reeves, l’improvisation s’inscrit donc dans un échange. Cette base explique aucun sans doute sa capacité à traverser les styles sans jamais diluer son identité. Gospel, R&B, musique brésilienne, standards : elle absorbe, transforme, restitue. C’est magique.

L’élégance Blue Note : reconnaissance et maturité pour Reeves

Les années 1980 marquent un tournant pour la chanteuse. Après avoir tourné avec Harry Belafonte (1981) et collaboré avec Sergio Mendes (1983-1986), Dianne Reeves signe chez Blue Note Records en 87. A cette époque, elle est déjà capable d’improviser avec l’assurance d’un instrumentiste. Ce partenariat installe définitivement son nom dans le paysage jazz international. Les albums s’enchaînent : l’éponyme introductif Dianne Reeves (1987), Never too Far (1989) aux textures plus R&B, et I Remember (1991), l’opus de sa consécration chez Blue Note. Les distinctions s’enchainent elles aussi : 5 Grammy Awards dans la catégorie jazz vocal. Mais, ce n’est pas tout. La chanteuse se produit avec Wynton Marsalis et le Lincoln Center Jazz Orchestra, dialogue avec des orchestres symphoniques comme le Chicago Symphony Orchestra… A travers son parcours lumineux, Dianne Reeves impose une signature vocale immédiatement identifiable : ample, souple, narrative. Somme toute, exceptionnelle.

Beautiful Life, une Dianne Reeves au-delà du temps et une modernité maîtrisée

Ce qui distingue Dianne Reeves, c’est son refus des compartiments. Là où certaines voix jazz s’enferment dans le standardisme, elle explore. Sa carrière témoigne d’une fluidité rare : elle peut investir un répertoire brésilien avec la même justesse qu’un standard de Duke Ellington, ou glisser vers des textures plus soul sans jamais perdre l’ancrage jazz. Son chant repose sur une maîtrise technique impressionnante : gestion du souffle, placement rythmique, précision harmonique. Toutefois, rien n’est jamais ostentatoire.

Je ne pense pas qu’il y ait un autre endroit où je sois aussi libre. Tout ce que je ressens, tout ce que je veux dire, je le fais sur scène

Dianne Reeves
Tu devrais Press Play sur son album Live At The New Morning, enregistré en 1997.

En 2013, Dianne Reeves publie Beautiful Life chez Concords. L’album marque un moment charnière dans sa discographie récente. Produit par Terri Lyne Carrington, le projet réunit une génération d’artistes qui incarnent le jazz contemporain : Esperanza Spalding, Gregory Porter, Robert Glasper, Lalah Hathaway, Richard Bona, ou encore George Duke. Le choix des morceaux est révélateur : une reprise de Bob Marley (« Waiting in Vain« ), une relecture de Fleetwood Mac, des compositions originales… Reeves modernise pour poursuivre le dialogue. Ainsi, Beautiful Life respire. Les arrangements laissent de l’espace. La voix circule sans contrainte. L’album remporte le Grammy Award du Meilleur Album Vocal Jazz en 2015. Dans cet album, son architecture du souffle prend tout son sens. Elle relie les générations, les esthétiques, autant que les sensibilités.

Album Beautiful Life Dianne Reeves
Album Beautiful Life, 2013

2 dates, 4 sessions, des performances d’exception pour les 45 ans du New

Dianne Reeves est aujourd’hui reconnue comme NEA Jazz Master par le National Endowment for the Arts, la plus haute distinction américaine dans le domaine du jazz. Cette reconnaissance institutionnelle souligne cette capacité rare de faire dialoguer tradition et présent. Depuis plus de quatre décennies, la chanteuse américaine façonne un jazz où la maitrise technique déconcertante ne domine jamais l’émotion, où l’improvisation reste conversation, et où le timbre devient architecture. Oublie le récital formaté, et choisis bien ta session. Chacune promet excellence mais surtout singularité… La virtuose vocale sera accompagnée du tout aussi prestigieux guitariste brésilien : Romero Lumambo. Un seul motto: « J’y étais! ». Le New Morning amorce les célébrations de la plus belle des manières pour ses 45 ans.


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