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Here Come The Drums, le livre indispensable du beatmaking


Here Come The Drums est bien plus qu’un simple livre sur les boîtes à rythme : c’est une plongée passionnante dans l’ADN du hip-hop. Si tu t’es déjà demandé comment la TR-808, la SP-1200 ou la MPC ont façonné les beats qui ont marqué l’histoire, ce livre est clairement pour toi. Conversation croisée avec nos deux auteurs passionnés qui parlent de beats, de culture et de transmission.

Aux commandes de Here Come The Drums, Real Muzul et Franck Da Cockroach! Les deux passionnés de culture hip-hop ont décidé de raconter l’histoire des machines à travers celles et ceux qui les ont vraiment utilisées. Entre interviews, anecdotes, analyses et visuels soignés, Here Come The Drums se lit comme une bible pour beatmakers — un livre qui donne autant envie de creuser l’histoire que de sampler un vinyle dès la dernière page tournée.

Comment décririez-vous le livre à un novice ?

Real Muzul : L’objectif est de documenter l’histoire des machines et du sampling à travers ceux qui les ont utilisées, de montrer l’évolution, la transmission et la diversité des pratiques.

Da Cockroach : C’est un livre pour les passionnés, mais aussi pour les curieux. Il est fait par des passionnés, avec une forte dimension humaine.

Le rendu visuel est très fort. Comment avez-vous travaillé les illustrations et la mise en page ?

Real Muzul : On a contacté une dizaine d’illustrateurs et on leur a laissé carte blanche. Ils ont choisi les machines qu’ils voulaient illustrer, sans contraintes. Emmanuel Courtecuisse a réalisé certaines illustrations, et Calzon s’est chargé de la maquette et de l’identité graphique globale, en harmonisant les couleurs et la structure.

Da Cockroach : Le livre a été conçu comme un objet pour passionnés et curieux, mais aussi comme une aventure humaine. Le travail avec Muzul a été très fluide, et la connexion humaine a été essentielle dans la construction du projet.

Comment avez-vous constitué le panel d’interviewés ?

Real Muzul : Au départ, on voulait une dizaine de gros noms, puis on s’est rendu compte qu’on connaissait énormément de producteurs. On a contacté beaucoup de monde via Internet. Certains ont répondu rapidement, d’autres jamais. Au final, on a environ 70 interviews, avec des pionniers, des figures underground et des producteurs actuels.

Da Cockroach : Beaucoup de producteurs ont accepté très vite, d’autres ont refusé ou n’ont jamais répondu. Mais l’idée était de documenter une histoire collective, avec différentes générations et différents niveaux de notoriété.

HERE COME THE DRUMS livre

Selon vous, quelle est la boîte à rythme la plus révolutionnaire ou quelles machines ont produit les instrus les plus marquantes ?

Real Muzul : Chaque machine a marqué une étape. La TR-808 a fait sortir le hip-hop des boucles disco live, tandis que la SP-1200 a complètement transformé le son avec son grain très crunchy. Couplée au S950, elle a servi à produire des albums entiers.

Da Cockroach : Personnellement, j’ai produit pendant une dizaine d’années avec une MPC 2000XL, avec des disquettes et des enregistrements sur cassette, c’était très artisanal. J’ai ensuite acheté une SP-1200 pour faire mes beats. Des producteurs comme DJ Muggs ou Necro ont été très marquants, même s’ils travaillaient parfois sur d’autres machines comme la SR-10.

Avez-vous reçu des retours de beatmakers, ceux qui sont ou ne sont pas dans le livre ?

Real Muzul : Oui, plusieurs producteurs nous ont dit qu’ils trouvaient le projet vraiment important, notamment parce qu’il n’existait pas encore de livre de ce type.

Da Cockroach : Beaucoup de beatmakers étaient honorés d’être inclus dans le livre donc II y avait une nécessité à sortir une telle œuvre. Certains parlent déjà du livre comme d’une « bible des producteurs ». On réfléchit même à une version anglaise pour toucher un public international au vu de la diversité des beatmakers.

Y a-t-il une instru, une machine voire un moment particulièrement marquant pour vous dans l’histoire du beatmaking? 

Real Muzul : Ce n’est pas une instru précise, mais l’ensemble des sons de cette époque. Au début, tu ne sais pas avec quoi c’est fait, puis tu découvres les machines et tu creuses. Des albums entiers réalisés avec la SP-12 ou la SP-1200 ont été très marquants.

Da Cockroach : Des projets comme ceux de Jedi Mind Tricks ou certains morceaux de DJ Muggs m’ont énormément marqué, surtout pour leur approche du sampling.

Vous avez interviewé Roger Linn. Quel regard porte-t-il sur l’usage hip-hop de ses machines ?

Real Muzul : Il n’avait pas prévu cet usage. À l’origine, il voulait créer un accompagnement rythmique programmable pour les musiciens. Mais quand il a vu ce que les producteurs hip-hop avaient fait avec ses machines, il a trouvé ça incroyable. Il disait qu’il avait donné un pinceau et laissé les artistes peindre.

Da Cockroach : Lui est très au courant de l’impact de ses machines. Il est fier, honoré, très humble. Il considère qu’il a simplement fait son travail, mais il est impressionné par ce que des producteurs ont réussi à faire avec ses inventions.

Dans le livre, certains expliquent que la précision des logiciels enlève du groove à cause de la fonction Quantize. Qu’en pensez-vous ?

Real Muzul : J’aime le boom-bap imparfait et le funk brut des années 1970. Les logiciels modernes sont très précis, parfois trop, et peuvent faire perdre ce petit décalage qui donne du groove. Après, il y a des productions modernes intéressantes, mais mes goûts restent très old-school.

Da Cockroach : Je suis beaucoup moins sensible aux productions actuelles faites uniquement sur logiciel. Je préfère le sampling, même si aujourd’hui beaucoup se tournent vers la composition pour éviter les problèmes de droits. Pour moi, c’est musical, mais moins hip-hop. J’aime quand c’est un peu « crade ».

Qu’est-ce que ce travail vous a appris sur la transmission dans le hip-hop ?

Real Muzul : Certains noms revenaient toujours, comme Guts, qui a beaucoup transmis aux autres sans jamais le mettre en avant. À l’époque, il n’y avait pas de tutos ni Internet, tout passait par l’échange direct.

Da Cockroach : C’est une culture de transmission orale et pratique. Le livre montre bien ce parcours, cette chaîne de savoirs entre générations.

Et la suite pour vous ?

Real Muzul : Pour l’instant, la promotion prend beaucoup de temps, mais d’autres projets de livres sont en réflexion.

Da Cockroach : De nouveaux projets musicaux et éditoriaux sont en cours, notamment un projet intitulé Cafard Sensible qui sera un album concept sur vinyle avec presque 40 participants 21 tracks, des rappeurs de légendes et des producteurs comme Pone, Kool M, Kyo Itachi, Dany Dan etc..

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