S'inscrire au tiny m@g Rejoindre le corner du squad

Aktus.

WeeKult. x Focus

La Musique, ça se stream. Mais avant-tout, ça s’achète!


[TRIBUNE].  Les coûts de création de contenu et de production musicale sont presque nuls aujourd’hui ». On a tous entendu ces paroles méprisantes qui en disaient long sur la considération portée par Daniel Ek à l’égard de la création musicale. En plus de s’illustrer régulièrement sur les réseaux et dans les médias avec des propos provocateurs voire ignorants, le PDG suédois de Spotify fait aujourd’hui l’objet d’un appel au boycott massif. Non seulement par les consommateurs de musiques « streamées », mais aussi par les artistes. Dans un monde gangréné par la vermine capitaliste, les choix de consommation du public tendent à devenir plus éthiques, et même la simple action d’écouter de la musique n’échappe plus au dilemme. Avec une vue à 360°, je te propose des pistes pour mieux consommer ta musique.

Spotify ou Deezer ? La peste ou le choléra.

Daniel Ek, c’est aussi cet homme qui, en pleine période d’éradication de la Palestine, a décidé d’investir 600 millions d’euros dans Helsing, une entreprise de drones militaires pilotés par IA. La même Intelligence Artificielle qu’il est accusé d’injecter dans ses playlists populaires, au détriment des humains. Bien que populaire, c’est pourtant la plateforme qui, avec l’anecdotique YouTube Music, rémunère le moins les artistes. environ 3 euros pour 1000 streams avec un calcul au pro-rata défavorable aux petits artistes. En bref, suffisamment de casseroles pour donner envie d’arrêter net l’abonnement.

Mais quitte à sauter du navire, autant éviter de prendre un canot de sauvetage qui appartient à un autre millionnaire sans scrupule. Sur le papier, Deezer ressemble à une alternative honorable : entreprise française, système de rémunération plus juste en partenariat avec la SACEM, son en qualité CD, catalogue quasi-équivalent en nombre… Mais en plus de souffrir d’une application moins ergonomique et peu intuitive, Deezer est détenu à 30% par Leonard Blavatnik. Cet oligarque russe, allié de Donald Trump et Benyamin Netanyahu est en effet le principal actionnaire de la plateforme, rien que ça. Dommage.

Amazon Music et Apple Music : les géants à contourner

Saluons-le quand même : en moyenne, Amazon est la plateforme qui a le mieux rémunéré les artistes en 2024. Mais qui dit Amazon dit Jeff Bezos. Et qui dit Jeff Bezos, dit empreinte carbone désastreuse. On se souviendra longtemps du fameux mariage à Venise, entre autres sales coups pour la planète. En plus d’un confort de navigation sur l’appli aussi médiocre que les conditions de travail de ses employés, pas besoin de creuser plus profond : Amazon, c’est non.

Avec un système de rémunération honorable par rapport à ses concurrents, Apple Music aurait pu faire figure d’alternative sérieuse pour les détenteurs d’un iPhone. Car il est de notoriété publique que si tu es sur Androïd, Apple fera tout pour te mettre des bâtons dans les roues en termes d’ergonomie. Mais cette chasse gardée n’est ici qu’un moindre mal, car Apple n’est pas connu pour sa responsabilité sociétale et environnementale. S’il n’y a plus de lien avec la musique, Apple reste Apple et quand on cherche un peu, on trouve des trucs pas nets : conditions de travail inhumaines, esclavagisme moderne dans les mines de cobalt, obsolescence programmée des appareils, et j’en passe. Next.

Qobuz et Tidal, la lumière au bout du tunnel

Ces deux plateformes sont de loin celles qui rémunèrent le mieux les artistes, avec un système plus équitable et favorable aux artistes indépendants. Très transparente sur les revenus, la plateforme française Qobuz reverse entre 18 et 30€ pour 1000 streams aux artistes, selon le type de contenu. 20 à 30% plus chère que ses concurrentes, elle semble cependant s’adresser à une élite, en proposant une qualité sonore audiophile et du contenu pour mélomane exigeant.

De son côté, la plateforme états-unienne Tidal a mis en place un système « Fan-centric » où -comme dans la jungle SoundCloud- les revenus vont directement aux artistes écoutés. Mais c’était trop beau : son PDG et co-fondateur de Twitter Jack Dorsey n’est pas réputé pour son empathie envers la propriété intellectuelle et la protection des artistes… Un autre milliardaire quelque peu véreux. Si on en revient à la musique : moins de streams et plus d’argent pour les artistes, la qualité avant la quantité, n’est-ce pas là une direction noble à emprunter ?

La musique, ça s’écoute en streaming… et ça s’achète

Si tu veux soutenir les artistes indépendants, acheter la musique sur des plateformes comme Bandcamp est un geste qu’on ne peut qu’encourager. C’est l’équivalent de quelques milliers de streams qui tombe dans le porte-monnaie de l’artiste, pour le prix d’un mauvais café à la machine ou d’un sandwich triangle dans un supermarché qu’on appelle aussi à boycotter. Dans une époque où le public consomme la musique comme il mange des pop-corns, recentrons les habitudes. Tout en profitant de la puissance des plateformes pour découvrir de nouvelles choses, acheter des CDs, des vinyles, des K7 ou du merch en tout genre redevient une nécessité pour rémunérer un minimum ces artistes qu’on adore, mais qui souffrent.

©Bruno Guerrero – Unsplash

Oui, on sait que l’artiste ne touche que 5 à 10% des ventes physiques. Mais c’est déjà bien plus que les quelques dizaines de streams avec lesquels tu pourras contribuer dans ta voiture. Tu découvriras aussi l’histoire que peut raconter un album, au détriment du format single-kleenex, parfois efficace mais souvent éphémère. A ce titre, des artistes comme Khadja Bonet, China Moses (avec un album uniquement disponible au format physique) ou James Blake (qui a lancé l’alternative Vault) ont déjà pris la décision de diffuser leur musique autrement. Leur stratégie? Ventes directes à leurs fans ou en proposant du contenu exclusif par d’autres biais, et parfois sans intermédiaire. Récompenser les artistes à la hauteur du kif que tu ressens à leur égard, c’est ton choix.

On t’invite à t’inspirer de ces lignes pour consommer plus responsable… Avant que le musicien ne devienne une espèce menacée !

Madvillain vinyle

Share
Tags

WeeKult. est un tiny m@g musical afro-urbain.

👉🏽 Hip-hop, (neo) soul, R&B alternatif, afrofusion, jazz

👉🏽 Aktus., sorties de la semaine, interviews, décryptages, podcasts, playlists