Kamasi Washington embrase le Rocher de Palmer à Bordeaux
En France, il y avait deux seules opportunités d’assister à un live de Kamasi Washington dans la cadre de sa tournée Fearless Movement Europe Tour. Soit au Rocher de Palmer à Bordeaux, soit à la salle Pleyel à Paris. Beaucoup attendaient de découvrir cette sensation de la nouvelle scène jazz américaine. Voici notre live report de son passage à Bordeaux.

Il fallait arriver tôt le 28 mars dernier pour vivre ce live de Kamasi Washington au Rocher de Palmer. Ce vendredi soir, le public s’est bousculé pour honorer la 1ère date française du saxophoniste américain qui a bâti sa réputation en 4 albums et une multitude de collab prestigieuses. Salle comble. Sold out. Et ils avaient raison. Son dernier projet Fearless Mouvement est plus que convaincant. Cela dit, pour apprécier la performance de Kamasi ce soir-là, il fallait se détacher de l’album. C’est-à-dire qu’avec 11 featuring présent sur le projet, la version live a demandé quelques arrangements…
Qu’importe le compositeur de génie pouvait compter sur les 7 musiciens qui l’accompagnait. Dont Patrice Quinn (voix), DJ Battlecat (platines, percussions) et Cameron Graves (piano), présents sur l’album. J’aurais, à titre personnel, préféré un renfort au niveau des chœurs. Une choriste, c’est bien trop peu… Et j’espérais secrètement voir débarquer Terrace Martin et George Clinton. Je m’autorise à rêver parfois!.. Quand Kamasi débarque sur scène, il en impose. Paré d’une tenue qui honore ses ancêtres et ses origines africaines, sa croix ankh en guise de protection, son aura diffuse une énergie rassurante dans la salle 1200. Le jazzman est évidemment accueilli par une escalade d’applaudissement. La messe est dite, le set peut commencer.

Kamasi Washington en live? Entre accessibilité et free!
Le public est captivé, imperturbable. Certains morceaux sont accessibles. D’autres beaucoup moins, mais les amateurs de “free” ne s’en plaindront pas. Entre accessibilité et liberté créative maitrisée, les sourires et les hochements de têtes manifestent leur approbation face au talent indéniable des musiciens. C’est vrai, difficile de rester insensible aux solos époustouflants, qui en disent long sur le niveau de pratique de chacun d’eux. Difficile de rester de marbre face à cette passion libérée et ce foisonnement sonore qui fait la signature de Kamasi Washington. Hip-hop, funk, R&B, gospel, des touches d’ethiopian jazz, et la fameuse dimension spirituelle de sa musique qui n’est pas sans rappeler Pharoah Sanders ou Sun Ra. Je retiens une version live de “Asha The First” époustouflante, idem pour “Lesanu” et une troisième dont le titre m’échappe qui ne semble pas être sur le dernier album. Je te la partagerai sur Instagram si elle me revient.
Si on veut du deep, deep, deep et du free, free, free, c’est ok! Bon, il y avait quand même un petit topping hip-hop. Mais il faut le dire, Kamasi c’était pour les auditeurs exigeants certifiés
Clémence, venue de Loire-Atlantique pour le live
Cependant, même si Kamasi se veut plus accessible, il ne l’est pas forcément pour tout le monde. Kamasi reste Kamasi. C’est un talent brut, un musicien exceptionnel. Et Kamasi = free. Pour apprécier sa proposition, il faut être à l’écoute, présent et ouvert. Le live de ce fameux vendredi semble avoir fait l’unanimité. De toute évidence, les listeners exigeants sont venus apprécier une pratique artistique unique, à défaut de se laisser aller à la légèreté du divertissement… Un live de Kamasi, c’est pour les mélomanes avertis et ça te sort assurément de ta zone de confort… Magique pour qui sait l’apprécier!









